Situation & Histoire

La vallée des Viennes

 

La vallée des Viennes est une zone humide de l’ouest de l’agglomération troyenne s’étalant sur 7 km avec une largeur de 200 à 800m. Sa superficie est de 312 hectares. Le cours d’eau actuel des Viennes prend sa source sur le finage de Torvilliers en deux points : Nagot et Nuisement.


On dit le plus souvent « les Viennes », mais en réalité c’est une seule Vienne avec 2 bras, la Vieille Vienne et la Nouvelle Vienne. Ils traversent la plaine de Troyes d’Ouest en Est pour rejoindre la Seine.

 

L’eau des Viennes se jette à Troyes dans le canal de Nervaux, au niveau de l’ancien château des Comtes de Champagne (Place de la Tour). Ce canal, anciennement Rû Cordé, se jette lui-même dans la Seine au lieu-dit Le Chaillouet, rue Charlemagne.

 

L’altitude de cette vallée varie de 107 mètres à la source jusqu’à 104 mètres à l’entrée des buses souterraines près de Troyes Champagne Métropole. Cinq communes sont traversées par cette vallée plus ou moins exploitée au fil des siècles : Torvilliers, La Rivière-de-Corps, Sainte-Savine, Saint-André-les-Vergers et Troyes.
Sur les 7 km de vallée, seuls 3 km sont dotés d’une voie verte qui en fait un poumon vert à préserver.

 

La Vienne et ses affluents sont en interaction forte avec deux zones humides, le bois de la Fontaine Saint-Martin avec sa source résurgence du même nom et le bois de l’Île Germaine. L’aménagement de pontons favorisent la découverte d’un réservoir de biodiversité dans ces boisements alluviaux.

 

On ne se lasse pas aujourd’hui de contempler la multiplicité d’ambiances paysagères : forêt alluviale (aulnes, frênes, saules, peupliers…), mares, marécages, prairies humides, haies bocagères, fossés végétalisés, zone de jardinage et maraîchage qui font la richesse de cette vallée humide.

Histoire des lieux


Les alluvions déposées par les Viennes ont fait du sol des terrains propices aux cultures maraichères. La qualité des légumes était si bien appréciée des Troyens qu’un droit de marché fut accordé en 1559 pour vendre des fruits et légumes aux abords de l’Eglise Saint-Jean de Troyes. Les fruits et légumes étaient acheminés sur les Viennes dans des nacelles, des barques plates.


La culture de l’ail très réputée pour ses vertus gastronomiques et médicinales, contre le choléra faisait la richesse des maraichers des Viennes et leur valut le surnom de « Tête d’ail ». Le terme « dryat » venant du portail des Maraichers de l’Eglise de Saint-André que ceux-ci firent édifier où « Sainct Andry » gravé en langage local du 16ème siècle donne le nom des habitants de Saint André les « Dryats ».


Parmi les cultures historiques, on peut citer le chanvre dont les toutes petites parcelles cadastrées, étaient vouées au rouissage (le chanvre est trempé et macère dans l’eau pour défaire les fibres). Le chanvre était destiné au tissage. Les oseraies et les saules procuraient la matière première pour réaliser des paniers. Le roseau des marais et la paille servaient à couvrir les toits en chaume des granges et habitations.


Sur Saint André, en 1906, on comptait alors 94 maraichers, 2 horticulteurs, 1 pépiniériste.


Il est permis de penser que le défrichement majeur de la vallée des Viennes a débuté au 7ème siècle avec la fondation de l’Abbaye Montier la Celle en 650 par Saint Frobert. Aussi, il est difficile d’imaginer que le bois de l’Ile Germaine, îlot naturel de référence, était autrefois intégralement cultivé après avoir été drainé et assaini par les moines.

 

Sur ces terres, à proximité de Sainte-Savine, des sœurs Bernardines fondèrent en 1235, une abbaye relevant de Cîteaux, Notre Dame des Prés.

 

Les jardins familiaux ont plus d’un siècle d’existence. Ces jardins ainsi que les jardins privés sont encore nombreux et visibles sur la voie verte, à proximité de la Rue Paul Bert ou après le pont sous la Rocade, coté La Rivière de Corps.